Environnement, action sociale, et vie associative : la nouvelle génération d’équipements

Depuis le milieu des années 90, un nouveau type de structures issues des mouvements de la solidarité tels qu’Emmaüs, les Petits Frères des Pauvres ou bien la Croix Rouge voit le jour.
La prise de conscience grandissante face à la problématique environnementale intègre les préoccupations sociales pour formuler une hypothèse combinée : l’augmentation du risque environnemental est un facteur concomitant de l’accroissement des disparités sociales.

Le tissu des activités de solidarité – faisant appel au don matériel pour soutenir l’action sociale – avait créé l’articulation propice au développement d’activités de lutte contre le changement climatique. En intégrant la problématique environnementale au travail de collecte et de redistribution des biens pouvant « servir à d’autres » tout en servant le travail social, se développe un panel d’activités qui ouvre la voie pour donner une réponse à cette hypothèse combinée.

Ainsi, la collecte des objets pouvant servir à d’autres, s’est élargie à la collecte des objets pouvant être réparés aux fins d’éviter la surproduction de déchets.
De même, le travail d’insertion initialement dirigé vers des métiers de manutention (collecte, mise en vente des objets) s’est développé en intégrant de nouvelles fonctions, comme la réparation ou la fabrication d’outils qui induisent des processus de réapprentissage de savoirs faire techniques, vecteurs d’émancipation individuelle et sociale.
Enfin, la redistribution des objets collectés, réparés, intègre plus nettement l’objectif d’éviter le gaspillage, mais aussi, d’éviter le recyclage des objets qui souvent dégrade la matière première et coûte en énergie.

L’ensemble de ces évolutions permet à cette nouvelle génération d’équipements que sont les Ressourceries et Recycleries, d’intégrer des volets d’expertise pour sensibiliser et éduquer aux questions environnementales tout en restant très fortement inscrites dans les infrastructures de solidarité, d’action sociale et de vie associative.

L’adjonction de ces objectifs environnementaux donne une toute nouvelle valeur à la question de la solidarité et de l’action sociale. À la notion de charité des plus riches vers les plus pauvres nous voyons de plus en plus se substituer une vision intégrant la question du commun : comment répondre à la crise environnementale, à 7 milliards d’êtres humains, dans un contexte social aussi inégalitaire et concurrentiel ?

L’engouement des acteurs publics pour la création de Ressourcerie et de Recycleries – doublé d’une priorisation réglementaire Européenne et Nationale du réemploi sur le recyclage – préfigure un changement de modèle par l’intégration des acteurs de la société civile dans la mise en œuvre de nouveaux modes de traitement des déchets et de sensibilisation à l’environnement.

Il favorise la création d’un tissu d’acteurs de terrain au sein d’un champ qui nécessite plus que jamais d’induire des changements de comportements ; faisant des Ressourceries et Recycleries un outil conséquent de transformation économique, sociale et environnementale.